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Naoko Tsurudome expose

Naoko Tsurudome présente "L'histoire continue", une série de 80 gravures à l'eau forte.

Du 12 octobre au 14 novembre, Naoko Tsurudome expose « L’histoire continue » une série de 80 gravures à l’eau forte. Exposer 80 gravures est une prouesse de créativité mais aussi de virtuosité quand on sait la complexité de travail que cela représente. Chaque dessin est issu d’une plaque de cuivre qui est travaillée à l’acide par bains successifs, le dessin s’incruste sur la plaque qui sert de matrice, cette matrice encrée et passée sous presse dépose le dessin en négatif sur le papier.  On comprend la patience et la passion qui animent Naoko et cette émotion particulière qui s’imprime dans chacun de ses dessins. Dans « L’histoire continue », un lien subtil et délicat relie les gravures les unes aux autres, tout commence sur un fond bleu turquoise avec une petite enveloppe rouge, et l’histoire continue, menée par un hérisson, une souris, un éléphant, un bateau, un escargot, un oiseau... qui voyagent de dessins en dessins. Naoko sous-titre chacune de ses gravures d’une phrase en forme de haïku, comme un très court poème, qui donne à l’image tout son sens. C’est l’assemblage image et texte qui devient l’œuvre complète. Dans cette exposition comme dans tout le travail de Naoko, les mots ont une importance cruciale, indispensables pour appréhender l’œuvre dans sa totalité. « L’Histoire continue » parle de la vie et de la mort, du monde et de soi, de ce fil, sans début, ni fin, qui nous retient à l’espoir et à la joie. Il faut lire et relire le sublime texte écrit par Naoko où chaque mot pèse et distille un sens et une poésie immenses, il se suffit à lui-même et se passe de tout commentaire .

"Quelque chose t’arrive, qui te fait regarder dans le ciel couchant la couleur changeante qui n’a pas de nom, qui te fait sentir toutes les fleurs que tu croises, qui te fait cueillir un trèfle même à trois feuilles quand elles sont en forme de cœur. Puis tout disparaît soudain, ou tout doucement. Il semble que ce soit la fin du monde. Il n’y a plus rien, tu as l’impression. Mais ce n’est pas qu’il n’y a plus rien. Il y a bien le désespoir et la tristesse. Tant qu’il y a le désespoir et la tristesse, il y a un espoir et une joie. S’il n’y a pas de lumière, l’ombre n’existe pas. Si tu vis dans le vide, tu ne sens pas d’odeur. Ni joie, ni tristesse. Le monde est rempli d’air pour que tu puisses sentir. Même si tu t’arrêtes, l’air coule autour de toi. Tu ne fais que lever les yeux pour voir les choses bouger et le monde vivre. Le monde continue même après, après la fin.

Un oiseau chante quelque part ; un croissant de lune apparaît ; un bourgeon pousse un jour de fin d’hiver. Si tu fais un peu attention. Tout cela te donne une joie pure sans condition même si c’est désespérément passager. Un sentiment infime te laisse une trace. Il y en aura une autre, et puis une autre. L’histoire continue à se dessiner en toi."
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Bio Express

 
Naoko scrute et dessine tout ce qu'elle voit. Elle s'intéresse aux animaux, aux plantes et aux objets du quotidien. Ce qui accroche son esprit, de façon consciente ou inconsciente, apparaît petit à petit dans le processus de création de la plaque gravée. Associés les uns aux autres, les différents éléments de ses compositions épurées, stylisées, forment un univers poétique et singulier propice à la narration et à la dérive de notre imagination.
L’influence des arts et de la civilisation japonaise se devine dans son travail fin, décalé et plein d’humour. Mais l'amour de Naoko pour la langue française se devine dans son plaisir à jouer avec ses expressions et ses mots pour composer des titres évocateurs, qui interpellent le spectateur et restent inscrits dans sa mémoire.