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Agenda

PARFOIS A MA FENÊTRE

Du 12 mars au 14 avril 2026, la SLOW Galerie République fait dialoguer les gravures sur bois d’Hélène Glowinski avec les oeuvres brodées de Sandrine Torredemer (alias La Filature).

Depuis leur rencontre en 2023, au micro de La Bonne Aventure, le podcast de la SLOW galerie, les deux artistes ne se sont plus quittées.
De cette première conversation presque prémonitoire, est née une amitié nourrie par des échanges réguliers et aujourd’hui traduits en une exposition commune, pensée naturellement pour ce lieu. Estampe et broderie, fil et papier, bois et tissu : les deux artistes travaillent la matière. Hélène Glowinski pratique la xylographie, une technique d'impression à partir d'une matrice en bois que l'on vient encrer et presser sur un support en papier. Sandrine Torredemer part généralement de photographies qu’elle interprète et retranscrit en leur donnant vie. Dans les deux cas, un objet précède l’œuvre. Ce transfert devient un mécanisme de mémoire : mémoire du bois, mémoire d’une réalité.

La fenêtre, comme motif et comme passage
Au coeur de l’exposition, la fenêtre n’est pas simplement un motif iconographique, mais constitue un dispositif de regard. Elle organise l’espace, cadre et sépare, marquant ainsi une limite tout en permettant le passage. Une tension s’établit alors entre ce qui est donné à voir et ce qui demeure hors champ, entre la protection de l’intérieur et la projection vers l’extérieur.Pour Hélène Glowinski et Sandrine Torredemer, ce thème fait notamment écho à leurs parcours professionnels initiaux, l’architecture pour la première et l’urbanisme pour la seconde. Toutes deux y ont appris à appréhender les espaces, ressentir les besoins de circulations, et à penser les rapports entre l’intérieur et l’extérieur.
La fenêtre caractérise le point de chute de ces flux et s’affirme comme la frontière poreuse séparant l’espace habité et le paysage, l’espace du regardeur et celui du regardé. Dans les gravures d’Hélène Glowinski, la feuille de papier devient elle-même fenêtre. Parfois découpée, fragmentée et collée en différents plans, elle crée des profondeurs et des percées visuelles. L’artiste pénètre cette intimité et propose des vues intérieures. La fenêtre devient une ouverture sur notre sensibilité. La matière, composée du fil du bois, des fibres du papier et d’encre déposée puis transférée, porte en elle la mémoire du geste. « Je m'évade - j'attends - j'imagine - je regarde » : ses oeuvres explorent les moments suspendus où nous nous plaçons hors du temps. Chez Sandrine Torredemer (La Filature), la fenêtre se construit par stratification textile. Les fragments de tissus assemblés, rehaussés de broderie, composent des scènes architecturées où la perspective est d’une remarquable minutie. L’artiste met en scène des personnages contemplant l'horizon à travers une fenêtre, échafaude des façades habitées où les baies deviennent les projections d’un intérieur fantasmé, ou encore, révèle des mondes miniatures comme observés par le trou d’une serrure. Le cadre devient alors scène :on observe un intérieur, un fragment de façade, ou encore un morceau de ville.Emplies d’une poésie gracile, chacune des oeuvres déploient sa propre narration, et l’on prend plaisir à en imaginer les multiples histoires, qu’elles soient mélancoliques ou heureuses, toujours intimes.
L’exposition met en lumière les correspondances entre les univers de ces deux artistes et la rencontre de leurs deux points de vue. La focale de la fenêtre invite ainsi à l’exploration introspective, à sortir du cadre sans le nier, à élargir le champ sans rompre l’ancrage. La fenêtre évoque l’élan vers d’autres expériences, vers l’inconnu et ce qui reste à découvrir.
Chez les deux artistes, elle devient un point de départ plutôt qu’une frontière : une invitation à regarder au-delà.

Quelques lignes de BIO

Hélène Glowinski
Formée à l’architecture avant de se consacrer pleinement à la gravure, Hélène Glowinski développe une oeuvre pensée en séries, comme une encyclopédie du sensible. Son travail explore les notions d’impression, de trace, de transfert et de mémoire, en dialogue étroit avec la matérialité des supports : bois, papier, encre.
La matérialité s’accentue dans ses récents travaux, où la presse mécanique est mise de côté au profit d’une impression manuelle : elle appuie avec les doigts, la paume de la main et divers outils, pour transférer l’encre sur le papier. Ces gestes laissent des traces sur le support qui prend, dans certaines oeuvres, l’apparence d’une peau caressée, frottée ou griffée.

Sandrine Torredemer – LA FILATURE
Inclassable, le travail de Sandrine Torredemer se déploie hors de toute définition figée. À partir de tissus glanés, découpés et assemblés, rehaussés de broderie, elle compose des scènes d’une grande précision, où se superposent plans, perspectives et détails infimes. Ancienne ingénieure urbaniste, elle conserve une rigueur de composition héritée de sa formation, mise au service d’une oeuvre profondément libre, poétique et habitée. Ses personnages minuscules, ses phrases brodées
aux accents de mantra ou de gouaille, insufflent à ses oeuvres une vitalité délicate et profondément humaine.