Pour sa deuxième exposition à la SLOW Galerie, Nejma Bourouaha place l’automne sous le signe de la douceur : « Les clapotis » mettent la pluie à l’honneur avec poésie et légèreté.
On retrouve, dans les œuvres présentées, les petits animaux au charme irrésistible caractéristiques des dessins de Nejma, dans une multitude de compositions autour des gouttes de pluie : lapins, chats et renards s’en protègent avec divers parapluies originaux, ou se blottissent, seuls ou à plusieurs, dans de petits intérieurs coquets pour regarder l’averse à travers la fenêtre, ou apprécient encore de se trouver sous la pluie, dans la fraîcheur d’une ondée qui n’empêche pas de partager un pique-nique. Drue ou légère, la pluie n’est jamais menaçante, mais plutôt un prétexte à d’infinies variations, et au surgissement de scènes inattendues, imprégnées de poésie et de malice, comme des histoires en miniature. Les compositions, en tout petit format dissimulées dans de petites boîtes, ou dans d’éblouissants grands formats, nous invitent à prêter attention à ce qui ne se voit pas immédiatement, à chercher le petit détail caché plein d’esprit et de fantaisie.
La finesse et la précision du trait, de ces pinceaux qui pendant des jours voire parfois des semaines composent ces scènes avec patience et minutie nous donnent à voir, une fois de plus, le talent de l’illustratrice dans le travail des textures et de l’intrication des motifs : la douceur d’un pelage, les motifs d’un parapluie, le raffinement d’un rideau de crochet, l’enchevêtrement d’un feuillage, ou encore un rideau de pluie qui confine presque à l’abstraction. La façon si spéciale qu’a Nejma de peindre par toutes petites touches se prête merveilleusement à l’illustration des mouvements de la pluie.
Dans les peintures de Nejma, l’automne a quelque chose de chaleureux : à l’image des tournesols qui comme « cent soleils » illuminent un ciel gris, des touches de couleurs vives éclairent les compositions de l’intérieur, pour dire que la pluie apporte avec elle son lot de lumière. Mais elle est aussi un prétexte pour trouver du réconfort, au chaud chez soi ou blotti auprès des siens. Il y a toujours, dans les illustrations de Nejma, le fil de la tendresse, ce lien sensible tissé entre les êtres. Avec autant de douceur que de profondeur, ces petits animaux nous parlent de la beauté d’habiter poétiquement le monde, et nous disent qu’il ne faut pas craindre les gouttes de pluie, car elles charrient avec elles, selon la façon dont on les regarde, une multitude d’images poétiques.
Texte de Juliette Capieu